La réflexion

C’est un jour où le corps est éprouvé.

Aller d’ici à là, porter, se baisser, se lever, ouvrir, monter, descendre, rester debout, assis, parler à, parler pour, parler contre, se dessiner dans des espaces ordinaires, familiers, invisibles, toucher le mobilier, le déplacer, sortir, entrer, sortir, juger chaque seconde, sans socle, au hasard presque, sans le temps de la réflexion.

Réfléchir suppose un miroir et un objet qui s’y reflète. Réfléchir sans objet, sans miroir, c’est l’illusion de la réflexion. Ce qu’il faut, c’est diriger et contraindre le geste dans le territoire délimité. Et avoir le sentiment profond que cet espace est délimité par le corps, alors que c’est au contraire le corps qui est délimité par un espace donné à chacun.

Cet espace devient celui qui l’habite, pour celui-ci seulement. Et tant pis si le modèle se répète par millions.

Je veux dire : par milliards.

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