Le projet de se perdre
Je lève la tête vers le nom des rues. Il marque l’espace : l’artère devient un fil dont l’identité se tresse avec celles d'autres artères. Je ne parcours pas toutes les rues. Dans une ville inconnue, je vais où tout le monde va. Dans ma ville ? Guère mieux. J’ignore la plupart des rues qui se trouvent tout près de chez moi.
Se perdre n’est pas facile. Tout est fait pour contrarier ce projet. Le monde est zébré de rues sans nom, où je n’irai jamais me perdre, fantômes de vies inconnues.
Je vais toujours où je suis déjà.