L’usage d’un lieu
J'ai vu un couvreur sur le toit d'une maison. Le lendemain, j'ai discuté avec un jeune homme sur le point d'apprendre ce métier. J'ai vu la bâche, le soleil, les tuiles abîmées. J'ai vu la pente, l'échelle, le camion.J'ai vu le danger. Et l'homme seul sur le toit, lui et pas un autre, pas le propriétaire de la maison, pas le maire de la ville, pas moi.
Après quarante ans à vivre dans la maison d'Andernos, il faut réparer le toit, repeindre le mur, rénover la cuisine. L'usage d'un lieu le fait disparaître. Son abandon plus encore. On paie des artisans pour prolonger l'illusion. Mais il faut prendre patience, l'artisan est un homme attendu.
Sur les tuiles de terre cuite, une abeille apparaît en bas-relief. C'est le modèle Marseille , fabriqué par la société Monier. Elle appartient à la famille des Grands Moules Faible Galbe, triple emboîtement, double recouvrement et pureau variable, 12,5 à 14 au m 2 . Son jeu d’assemblage usuel est de 4 cm en longitudinal et de 0,4 cm en transversal. Sa pose se fait à joints croisés de droite à gauche, sur liteaux conformément à la norme d’application NF P 31-202 [DTU 40.21]. Sa mise en œuvre est effectuée à l’aide de l’ensemble des pièces spécialement étudiées pour réaliser une pose à sec des faîtages et des rives, comme indiqué dans le DTU.
Le toit de la maison s'affaisse et forme un plan incurvé. Il cache des pannes courbes, suffisamment solides toutefois. Le bois de ces poutres aura bientôt cent ans. Si les xylophages le laissent tranquille, il durera quelques années. Le temps de penser à la mort.