Au sujet de l’extinction

C'est au sujet de l'extinction. Cette phrase, cette soirée, comme le reste. C'est au sujet du maquillage lancé pour masquer l'extinction. Il n'est jamais convaincant. On le perçoit toujours. On l'avale comme cet aliment de cantine scolaire, sans plaisir, sans mémoire. Il apaise la douleur, il trouble la vision.

Ce qui s'éteint devient flou, rétrécit, mais ne s'efface pas. Car l'extinction n'est pas l'effacement. Le nom, comme le corps, se disperse en bribes. Le Café de la Plage a changé de nom, de fonction, a été détruit. Il reste quelques grains de sable déplacés de jour en jour et ravalés par l'océan qui les a crachés.

Le mieux est de parcourir la ville la nuit à vélo, sans autre but que passer une heure ou deux à chercher des images, des silhouettes, des maisons. On ne se perd pas assez.

L'hôtel-restaurant L’Étoile est aujourd'hui fermé pour travaux.

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